| Ionogels |
mercredi 1er février 2006
16h00 - |
Amphi de Chimie
Campus des Cézeaux
AUBIÈRE |
Ionogels : des
électrolytes solides obtenus par nanoconfinement de liquides ioniques,
conférence
Dr Jean LE BIDEAU (Institut Gerhardt,
MONTPELLIER)
Une nouvelle voie d’accès à des matériaux
hybrides originaux sera présentée, ainsi que leur étude. Ces matériaux
sont des ionogels, solides monolithiques transparents obtenus par un
procédé sol-gel original en milieu liquide ionique. Les liquides
ioniques sont une famille très riche de solvants ioniques, ici exploités
non seulement comme milieu de synthèse mais aussi pour leurs propres
propriétés dans le matériau final. La dénomination liquide ionique a
trouvé son usage courant pour représenter les composés ioniques qui
peuvent être liquides à des températures proches de l’ambiante,
approximativement de –50°C à +150°C. Les ionogels sont constitués d’une
charpente oxyde mésostructurée et de liquide ionique qui y est confiné :
il n’y a pas, dans le cadre d’une description la plus générale, de
liaison forte entre l’inorganique et l’organique. La partie inorganique,
un squelette oxyde de silicium, titane, étain ou autre, ne présente a
priori pas d’ordre atomique à longue distance. Diverses propriétés sont
étudiées, comme celles par exemple liées au transport ionique et/ou à la
transparence dans le visible qui peuvent donner lieu à des applications
en piles à combustible et/ou en cellules photovoltaïques, mais aussi en
chromatographies, batteries et capteurs. Un des faits marquants de cette
approche est qu’elle permet d’obtenir un matériau présentant les
avantages du liquide ionique (entre autres la conductivité ionique) avec
les avantages d’un gel monolithique (par exemple pour des applications
en tant qu’électrolyte solide thermorésistant). On obtient ainsi un
matériau multifonctionnel, solide ayant des propriétés d’un liquide. Les
caractéristiques des ionogels peuvent être ajustées en jouant de manière
alternative sur le choix du squelette inorganique (nature, porosité,
organisation, caractéristiques d’interfaces …) et sur le choix du
liquide ionique. Le contrôle des propriétés passe par l’élucidation de
l’organisation statique et de la dynamique moléculaire du liquide
ionique dans ces milieux confinés que leur procurent les ionogels, en la
comparant au liquide ionique seul (spectrométrie d’impédance, diffusion
quasi-élastique de neutrons, RMN).
organisée par la SFC Auvergne (Société Française
de Chimie) – Daniel GARDETTE |